Noëls bugistes

Autre noël de Seyssel

Sur l'air : nous entendons la voix des anges n°XXI

 

 

L'ange

Que faites-vous dans ces prairies ?

Quittez, Pasteurs, tous vos troupeaux ;

Entendez-vous ces airs nouveaux

Qui font rententir les collines ?

Entendez-vous ces airs nouveaux

Gloria in excelsis Deo.

Les bergers

Qu'antant-on su celle montagne ?

Qu'entend-on sur ces montagnes ?

Bon Dieu ! qu'ét-ou bin areva ?

Bon Dieu ! qu'est-il arrivé ?

De ne sai pa se d' y é réva,

Je ne sais pas si je l'ai r^évé

U bin se d'ay chantu on ange ;

Ou bien si j'ois chanter un ange

De ne sai pa se d' y é réva,

Je ne sais pas si je l'ai rêvé

Acheton-no per écota.

Asseyons-nous pour écouter.

L'ange

N'en doutez pas, Pasteurs fidèles,

Le Messie est arrivé,

Celui que Saint-Jean a prêché ;

Nous vous en donnons la nouvelle ;

Cette nuit le Sauveur est né,

Levez-vous, venez l'adorer.

Les bergers

E n'é pa to de nos y dire,

Ce n'est pas tout de nous le dire

E no fau mena yo al è.

Il nous faut mener où il est.

No sin bin sou petiou valet,

Nous sommes bien ses petits valets

E n'é par an de chous' à rire.

Ce n'est pas rien des choses à rire

Alin, preniin d'atro corset,

Allons, prenons d'autres corsets

De linjo blan é de collet.

Du linge blanc et des collets.

L'ange

Il a pour palais une étable

Pour courtisans deux animaux

Et des draps qui sont en lambeaux

Pour couvrir son corps adorable

Sans matelas et sans rideaux,

N'endure-t-il pas de grands maux ?

Les bergers

S'al é se pouvro que vo dète,

S'il est si pauvre que vous dites

A prandra bin noutron présan ;

Il prendra bien notre présent

San dota qu'é n' y a pa gran jan

Sans doute qu'il n'y a pas beaucoup de gens

Que li fasson de gran vesète.

Qui lui fassent de grandes visites

Alin, portin-li quaque rin

Allons, portons-lui quelques riens

E à se béti' on pou de fin.

Et à ses bêtes un peu de foin.

L'ange

Si vous voulez lui faire une offrande

Le meilleur de tous vos présents

C'est de renoncer à Satan

Voilà tout ce qu'il vous demande

C'est de renoncer à Satan

A lui et à ses adhérents.

Les bergers

Maudi Satan, t'é bin la caus a

Maudit Satan, tu es bien la cause

Que cho Popon é mâ vetu ;

Que ce Poupon est mal vêtu

Te l y a media son revenu

Tu lui as mangé son revenu

Quan te no li faire la faut a .

Quand tu nous fis faire la faute

S'a n'ère pa vito venu,

S'il n'était pas vite venu

Ela ! nos èran to perdu.

Hélas ! nous étions tous perdus.

L'ange

N'en doutez pas, Pasteurs champestres

C'est par la ruse de Satan

Qu'Eve fit trébucher Adam

Dedans le paradis terrestre ;

Et, pour avoir cru au serpent,

Tous deux périrent à l'instant.

Les bergers

Se vos ay on pou de pachance,

Si vous aviez un peu de patience

De vodri bin vo demanda

Je voudrais bien vous demander

S'al arè par no la bonta

S'il aurait pour nous la bonté

De no sofri an sa presance ;

De nous souffrir en sa présence

De vodri bin vo demanda

Je voudrais bien vous demander

Quoui l'a fai sofri tan de ma.

Qui lui a fait souffrir tant de maux.

L'ange

C'est le pêché abominable

Qui a mis tout en désarroi,

Qui est cause que ce grand Roi

Est né dans une pauvre étable,

Qui est cause que ce grand Roi

Un jour mourra sur une croix.

Les bergers

Alin don tos à sen établ o

Allons donc tous à son étable

Pè sofri on pou avoué li.

Pour souffrir un peu avec lui.

Se no povion lo secori,

Si nous pouvions le secourir

On pou lous on, on pou lous atr o ,

Un peu les uns, un peu les autres

Lous on sarin pè lo sarvi,

Les uns seraient pour le servir

Lous atro s'an irin dromi.

Les autres s'en iraient dormir.

 

 


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