Noël de Pont-de-Vaux

Sur l'air : Noël pour l'amour de Marie. N° X.

 

 

Veni, Paysan ; veni, Noublaysse ;

Venez, Paysans ; venez, Noblesse

Veni, Marçan ; veni, Borzay ;

Venez, Marchands ; venez Bourgeois

Veni, bons abitan de Braysse ;

Venez, bons habitants de la Bresse

Veni adoré ç'li gran Ray.

Venez adorer ce grand Roi.

Assetou qu'on su la noval a

Aussitôt qu'on sut la nouvelle

De la venia du Ray dé ray,

De la venue du Roi des rois

Tui lous abitan de la vel a

Tous les habitants de la ville

S'ampressiron de l'alé vay ;

S'empressèrent de l'aller voir

Mai dray qu'on u viu dan l'étobl o

Mais dès qu'on eut vu dans l'étable

Ç'l' Anfan se mau pre la sayson,

Cet Enfant si mal pour la saison

Lo Comto, qu'é bin çaritobl o ,

Le Comte, qui est bien charitable

Vinci ly ufri sa mayson.

Vint lui offrir sa maison.

Veni, Paysan…

Venez, Paysans…

Lou Sindico, beletan d'ayse,

Les syndics, bêlant doucement d'aise

Avoui leu bôton à la man,

Avec leur bâton à la main

Furon presanté le cimayse

Allèrent présenter les lisières

E à la Mayr' é à l'Anfan.

A la Mère et à l'Enfant.

Lou Cordeli è lo çapitre

Les Cordeliers et le Chapitre

Se presantiron pre lo vay.

Se présentèrent pour le voir

Céquie betiron bo leu mitre

Ceux-ci mirent bas leur mitre

E s'abéssiron devan say.

Et s'abaisèrent devant lui.

Veni, Paysan…

Venez, Paysans…

Le Doyen se faisè na fét a

Le Doyen se faisait une fête

De lo complimanté an var ;

De le complimenter en vers,

Mai il u se mau à la tét a

Mais il eut si mal à la tête

Qu'i se levi on pou tro tar.

Qu'il se leva un peu tard

Pre monse Curailla lo çantre

Pour monsieur Curaillat le chantre

E monse Drevet sacristain,

Et monsieur Drevet sacristain

Furon dé premi à s'y randre,

Furent des premiers à s'y rendre

E firon leus ufrand' ansin.

Et firent leur offrande ensemble

Veni, Paysan…

Venez Paysans…

Apré monse Gonet lo pére,

Après monsieur Gonet le père

Monce Belin, monse Marci,

Monsieur Belin, monsieur Marché

On viu veni lou dou Vecaire,

On vit venir les deux vicaires

Monse Gonet é Paneti.

Messieurs Gonet et Pannetier

Lou quatr'anfan de cueur suivir on

Les quatre enfants de choeur suivirent

Avoui lous aigue-benayti,

Avec les porte-eau-bénite

E pi tartou se déçaussir on

Et puis tous se déchaussèrent

E l'adoriron to nu pi.

Et l'adorèrent tout nus pieds

Veni, Paysan…

Venez, Paysans…

Tui lou Monsieu de la zustice,

Tous les Messieurs de la justice

Que lo furon vay tot ansin,

Qui l'allèrent voir tous ensemble

Presantiron de lés aspice,

Présentèrent des épices

Mai lo Popon n'an veci zin.

Mais le Poupon n'en voulut point.

Lou Procureu furon li faire

Les Procureurs allèrent lui faire

Ufra d'ena borsa d'arzan,

Offre d'une bourse d'argent

D'avay bian soin de sous afaire

D'avoir bien soin de ses affaires

E de lo gardé dé sarzan.

Et de le préserver des sergents (huissiers)

Veni, Paysan…

Venez, Paysans…

Lou Notéro se presantir on

Les Notaires se présentèrent

Pre fair' à leu tor on presan,

Pour faire à leur tour un présent

E tretui ansin li promir on

Et tous ensemble lui promirent

De faire son contra pre ran.

De faire son contrat pour rien

Lou Sarzan que velian li playre

Les Sergents qui voulaient lui plaire

Furon li bali lo bon say

Allèrent lui donner le bon soir

E promiron de ne po fayre

Et promirent de ne pas faire

De comission contre say.

De commission contre lui.

Veni, Paysan…

Venez, Paysans…

Le rèce Dame firon fayre

Les riches Dames firent faire

Dou biau cuertou de satin blian,

Deux beaux coussins de satin blanc

E firon presan à la Mayre

Et firent présent à la Mère

D'ena bal'écuela d'arzan.

D'une belle écuelle d'argent.

Pre le Dames Ouspitalire,

Pour les Dames Hospitalières

Ell' ufriron du ratafia ;

Elles offrirent du ratafia

Mai leu novice fi bin rire

Mais leur novice fit bien rire

Quant on la viu se mau coayfia.

Quand on la vit si mal coiffée.

Veni, Paysan…

Venez, Paysans…

Lou pouvro ne povan po faire

Les pauvres ne pouvant pas faire

Coman lou rèço dé presan,

Comme les riches des présents

Vinciron ufri leu misére,

Vinrent offrir leur misère

E lo Poupon an fu contan.

Et le Poupon en fut content

Lou rèço n'omon po l'étobl o ,

Les riches n'aiment pas l'étable

I n'amon que l'or à foayson ;

Ils n'aiment que l'or à foison

Mai pretan loup le miserobl o

Mais pourtant les plus misérables

Son lous anfan de la mayson.

Sont les enfants de la maison (cad des riches)

Veni, Paysan ; veni, Noublaysse ;

Venez, Paysans ; venez, Noblesse

Veni, Marçan ; veni, Borzay ;

Venez, Marchands ; venez Bourgeois

Veni, bons abitan de Braysse ;

Venez, bons habitants de la Bresse

Veni adoré ç'li gran Ray.

Venez adorer ce grand Roi.

 

 


© 2007 - 2009, Cadole. Tous droits réservés.

 

Présentation
Nouveautés
Formulaire
Livre d'Or
Boutique