Noëls de Pont-de-Vaux

Noël de Gorrevod

Sur l'air : Belle bergère champêtre . N° XIII.

 

Amené voutre muzette,

Amenez vos musettes

Me Motette ;

Mes Fillettes

Vo, Meygna, voutres auboay ;

Vous, Garçons, vos hautbois

E que la tropa zoyeusa

Et que la troupe joyeuse

De Résseuza

De Reyssouze

Veni' adoré ç'li gran Ray !

Vienne adorer ce grand Roi !

Le motette de Corçale,

Les fillettes de Corcelles

Le ple bale,

Les plus belles

Avoui ç'lé de Meyregna

Avec celles de Marignat

Furon, nostan la gran bise,

Furent, malgré la grande bise

Vé l'eylise,

Vers l'église

Avoui çoquien' on meygna.

Avec chacune un garçon.

Quant ell'uron viu l'étoblo

Quand elles eurent vu l'étable

Miseroblo ,

Misérable

E la Mayr' é sen Anfan,

Et la Mère et son Enfant

Elle ne suron ran faire

Elles ne surent rien faire

Que de braire,

Que de gémir

Lou veyan se pouvraman.

Les voyant si pauvrement.

Tui lou vieu parliron ,

Tous les vieux sires parlèrent

E deciron

Et dirent

De li porté dé presan ;

De lui porter des présents

Tote le clioce soniron ,

Toutes les cloches sonnèrent

Qu'avartiron

Qui avertirent

Tui loup le reço paysan.

Tous les plus riches paysans

La fenna de l'onclio Piaro

La femme de l'oncle Pierre

Fi du boaro ,

Fit du beurre

Dé graf' é dé matafan ;

Des gaufres et des crêpes

Sa felie, se tray feliôtre,

Sa fille, ses trois belles-filles

De le tôtre

Des tartes

Per aporté à l'Anfan.

Pour apporter à l'Enfant.

Lo pér' a la Madelinna

Le père de la Magdeleine

Per étrinna

Pour étrennes

Comandi de li porté

Commanda de lui porter

Dé fago é de le brance

Des fagots et des branches

De Maillance

De Maillanche (bois communal aujourd'hui défriché)

Per lo faire bin çarfé.

Pour le faire bien chauffer.

Tui lous autrou que vinciron

Tous les autres qui vinrent

Presantiron

Firent des présents

Selon leu petiet meyan ;

Selon leurs petits moyens

Lo Popon lieu fi la féta

Le Poupon leur fit la fête

De la téta

De la tête

E d'on petiet tor de man.

Et d'un petit tour de main.

Prequay plore-te, Mayria,

Pourquoi pleures-tu, Marie,

Di , m'amia

Dis, m'amie

An se bena compani ?

En si bonne compagnie ?

Quan ze le vay que garlote,

Quand je le vois qui grelotte

Que tramblote,

Qui tremblotte

Ze ne m'an seray teni.

Je ne saurais me retenir.

Quan ze lo vay dan la crèce,

Quand je le vois dans la crèche

Que ne prèce

Qui ne prêche

On' ena grant' umileté,

Qu'une grande humilité

Ze vedray, tan i me çarme,

Je voudrais, tant il me charme

Fondr' an larme,

Fondre en larmes

Pre lo povay contanté.

Pour le pouvoir contenter.

Tui cé que li vedran playre

Tous ceux qui lui voudront plaire

E li fayre

Et lui faire

On presan qu'il omera,

Un présent qu'il aimera

N'an qu'à se bali say-mémo ,

N'ont qu'à se donner eux-mêmes

S'el an l'ém;

S'ils ont la raison

I lou recompansera.

Il les récompensera.

 

 


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