Noëls de Pont-de-Vaux

Noël de Saint-Bénigne

Sur l'air : Noël pour l'Amour de Marie, n°X

 

 

Veni, Meygna ; veni, Motette,

Venez Garçons, venez Fillettes

Veni adoré ç'li gran Ray ;

Venez adorer ce grand Roi

Veni, Auboay ; veni, Musette,

Venez Hautbois, venez Musette

Veni çanté d'acouta say.

Venez chanter à côté de lui.

Veni aprandr' ena novala

Venez apprendre une nouvelle

Qu'aliegrera le bene zan

Qui réjouira les bonnes gens

D'ena Mayre, vierz' é peuçala ,

D'une Mère vierge et pucelle

Que vin de no fair' on presan.

Qui vient de nous faire un présent

Betin tartou la man à l'ouvra

Mettons tous les mains à l'œuvre

E pre la Mayr' é pre l'Anfan :

Et pour la Mère et pour l'Enfant

Ell' é bin se bal' é se pouvra

Elle est bien si belle et si pauvre

Que noutron tristo cor an fan.

Que notre triste cœur se fend

Veni, Meygna…

Venez Garçons…

Ç'li biau Popon ne nos aporte

Ce beau Poupon ne nous apporte

Que la pais, à ce qu'on no di.

Que la paix, à ce qu'on nous dit

I no day fair'uvri la porte

Il nous doit faire ouvrir la porte

Per antré dan lo paradi.

Pour entrer dans le paradis.

El é dedan na vili' étoblo ,

Il est dans une vieille étable,

U maytan d'en ôn' é d'on boua,

Au milieu d'un âne et d'un bœuf,

Dans en éta se miseroblo ,

Dans un état si misérable,

Qu'i n'a po on çarbon de foua.

Qu'il n'a pas un charbon de feu.

Veni, Meygna…

Venez Garçons…

Faite coman dion lou bon livr;

Faites comme disent les bons livres

Ne crayte po voutrou desi,

Ne croyez pas vos désirs

E faite mai d'éta dé pouvro

Et faites plus d'état des pauvres

Que de cé qu'omon leu playsi.

Que de ceux qui aiment leurs plaisirs

Mai vos aray de ressamblance

Plus vous aurez de ressemblance

Avoui sa granta pouvreté,

Avec sa grande pauvreté

Ple vos aray de recompanse

Plus vous aurez de récompense

Avoui say dan l'étarnité.

Avec lui dans l'éternité.

Veni, Meygna…

Venez, Garçons…

Lous abitan de Sin-Beninou ,

Les habitants de Saint-Bénigne

Cé de Mon-Rin é de Tarnan,

Ceux de Mont-Rin et de Ternant

L'onclio Botia é Piaratinou

L'oncle Bottier et Pierretin

Li venion faire dé presan.

Lui viennent faire des présents

Y an a oncor na gran banda

Il y en a encore une grande bande

Que lou dayvon suire de pré:

Qui les doivent suivre de près

Tui lou meygna de çameranda

Tous les garçons de Chamerande

E le felie de Nizeré.

Et les filles de Nizerel.

Veni, Meygna…

Venez Garçons…

I vos atan dans ena crèce,

Il vous attend dans une crèche

Cucia su na punia de fin.

Couché sur une poignée de foin

San ran d're, sa mena vo prèce

Sans rien dire, sa mine vous prêche

Pre vo fair' édeveni sin.

Pour vous faire devenir saint.

El é ple gran que la noublaysse,

Il est plus grand que la noblesse

El é to-puessan é parfai ;

Il est tout-puissant et parfait

El é métro de le reçaysse,

Il est maître des richesses

Vo varay l'éta qu'el an fai.

Vous verrez l'état qu'il en fait

Veni, Maygna…

Venez Garçons…

Faite coman dion lou bon livr;

Faites comme disent les bons livres

Ne crayte po voutrou desi,

Ne croyez pas vos désirs

E faite mai d'éta dé pouvro

Et faites plus d'état des pauvres

Que de cé qu'omon leu playsi.

Que de ceux qui aiment leurs plaisirs

Mai vos aray de ressamblance

Plus vous aurez de ressemblance

Avoui sa granta pouvreté,

Avec sa grande pauvreté

Ple vos aray de recompanse

Plus vous aurez de récompense

Avoui say dan l'étarnité.

Avec lui dans l'éternité

Veni, Meygna…

Venez Garçons…

Lous abitan de Sin-Beninou ,

Les habitants de Saint-Bénigne

Cé de Mon-Rin é de Tarnan,

Ceux de Mont-Rin et de Ternant

L'onclio Botia é Piaratinou

L'oncle Bottier et Pierretin

Li venion faire dé presan.

Lui viennent faire des présents

Y an a oncor na gran banda

Il y en a encore une grande bande

Que lou dayvon suire de pré:

Qui les doivent suivre de près

Tui lou meygna de çameranda

Tous les garçons de Chamerande

E le felie de Nizeré.

Et les filles de Nizerel

Veni, Meygna…

Venez, Meygna…

Cé de la Rua é de le Granze

Ceux de la Rue et des Granges

Y furon se leziraman

Y furent aussi légèrement

Que s'el alivan à vandanze,

Que s'ils allaient à vendange

Tan l'an d'anvia de vay l'Anfan,

Tant ils ont envie de voir l'Enfant

N'épargnin po, sère Gueliaumo ,

N'épargnons pas, sire Guillaume

Noutron bin ne noutren arzan ;

Notre bien envie et notre argent

Quan no serin dan son reyaumo ,

Quand nous serons dans son royaume

No n'aran ple peu dé sarzan.

Nous n'aurons plus peur des sergents

Veni, Meygna…

Venez, Garçons…

Lo Diabl' ér'an se gran colayre

Le Diable était en si grande colère

Qu'i velie tui lous ampaci

Qu'il voulait tous les empêcher

De vay lo Popon é la Mayre ;

De voir le Poupon et la Mère

May i fauci s'alé caci :

Mais il lui fallut s'aller cacher :

Sin Zosé viu, pre na potire

Saint-Joseph vit que par une petite porte

Qu'i montrive son muselion ;

Il montrait son petit nez

Avoui on manjo de cevire ;

Avec un manche de civière

Li bali on bal ourelion.

Lui donna un beau coup sur l'oreille

Veni, Meygna…

Venez, Garçons…

Apré ç'li, an revinc' en autrou

Après celui-ci, il en vint un autre

Pre savay lo nion de l'Anfan ;

Pour savoir le nom de l'Enfant

El u biau faire l'oupeniôtrou ,

Il eut beau faire l'opiniâtre

I n'an décrevi zamai ran.

Il n'en découvrit jamais rien

I fi to coman la femire

Il fit tout comme le fumée

Qu'é poussé per on rédo van,

Qui est poussée par un raide vent

I s'ali, la téta premire,

Il s'alla, la tête la première

Calé u gran pouay de Tarnan.

Jeter au grand puits de Ternant.

Veni, Meygna…

Venez, Garçons…

Le saze felie de Resseuza

Les sages filles de Reyssouze

Furon bin venie vé l'Anfan,

Furent bien venues vers l'Enfant

E tota leu tropa zoyeusa

Et toute leur troupe joyeuse

Que lo va vay de tan an tan.

Qui le va voir de temps en temps

Pre vos autrou, Meygna de Braysse,

Pour vous autres, Garçons de Braysse

Que ne lo vayte po savan,

qui ne le voyez pas souvent

Vo faite coman Corsavaysse

Vous faites comme le moulin de Corsavaisse

Que ne meu po quatro fay l'an.

Qui ne moud pas quatre fois l'an

Veni, Meygna…

Venez, Garçons…

La Tougne Graton é l'Elinna ,

La Toine Graton et l'Hélène

E la cusinna du grayfi

Et la cousine du greffier

Li portiron, pre leus étrinna ,

Lui portèrent, pour leurs étrennes

Çoquiena on fusé de fi.

Chacune un fuseau de fil

D'autrou portiran d'autre çouse ;

D'autres portèrent d'autres choses

Coman la fenn' à çotelet,

Ainsi la femme de Chatelet

Ne povan trové de le rouse,

Ne pouvant trouver des roses

Fi on boquet de sarpolet.

Fit un bouquet de serpolet.

Veni, Meygna…

Venez, Garçons…

Vos aray biau faire d'ufrande,

Vous aurez beau faire des offrandes

I ne fau po s'y abouisi,

Il ne faut pas s'abuser

Le meilleu ne son po le grande,

Les meilleures ne sont pas les grandes

Y son ç'lé qu'on fai à laysi.

Ce sont celles qu'on fait à loisir

Crayte-me, se vos ay de l'émo

Croyez-moi, si vous avez de la raison

E que vo veliay bin ploré,

Et que vous vouliez bien pleurer

I fara bôti dan vo-mémo

Il fera bâtir en vous-mêmes

On çotiau per y demoré.

Un château pour y demeurer.

Veni, Meygna ; veni, Motette,

Venez Garçons, venez Fillettes

Veni adoré ç'li gran Ray ;

Venez adorer ce grand Roi

Veni, Auboay ; veni, Musette,

Venez Hautbois, venez Musettes,

Veni çanté d'acouta say.

Venez chanter à côté de lui.

 

 


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