Noëls de Bourg-en-Bresse
La Rédemption :
Sur l'air : Je n'avais qu'un bon ami. N°VII
- D'u veni-vo don tretui,
- d'où venez-vous donc tous,
Meus ami,
Mes amis
Vos éte de bon berzi ;
Vous êtes de bons bergers
Mai faut-ou que le berzire
Mais faut-il que les bergères
Coran tan,
Courent tant
Coran tan,
Courent tant
Zor é né, per le çarire ?
Jour et nuit par les chemins ?
- Métre, vos y bin iray
- Maître, vous y bien irez
E saray
Et saurez
Que no fan noutron devay.
Que nous faisons notre devoir
Vetia-t-ou po voutre béte
Voilà-t-il pas vos bêtes
Bin dinno,
Bien repues
Bin dinno,
Bien repues
Le son sarve, vos ou saite.
Elles sont en sûreté, vous le savez.
- Bon Di ! qu'é-t-ou arevo ?
- Bon Dieu ! qu'est-il arrivé ?
Lou tropio
Les troupeaux
Son tretuy abandono ;
Sont tous abandonnés ;
E n'y a berzi ne berzire,
Il n'y a ni bergers ni bergères
Lou seudar,
Les soldats
Lou seudar
Les soldats
Les on tote fai anfouire.
Les ont toutes fait fuir.
- ce que vo ne saite po
- Ce que vous ne savez pas
De novio,
De nouveau
No venian de veseto
Nous venons de visiter
La meliau de le Comore ;
La meilleure des Commères
Gabriè,
Gabriel
Gabriè
Gabriel
Nos a comando d'où fore.
Nous a commandé de le faire.
Quan no vos aran conto
Quand nous vous aurons conté
La bonto
La bonté
De Di, vo l'iray trovo ;
De Dieu, vous l'irez trouver
Vo veray ‘n Efan san pore.
Vous verrez un Enfant sans père
Lo seleu,
Le soleil
Lo seleu
Le soleil
Vit-I zamia tol'afore!
Vit-il jamais telle affaire!
Di, per no tui raceto,
Dieu, pour nous tous racheter,
A anvio
A envoyé
Son Fi que s'ét incarno.
Son Fils qui s'est incarné
Ena Vierz' é la vray more
Une Vierge est la vraie mère
Du vray Di,
Du vrai Dieu
Du vray Di,
Du vrai Dieu
Vray Fi de Di lo vray Pore.
Vrai Fils de Dieu le vrai Père.
I n'a po d'autro palai,
Il n'a pas d'autres palais
Zor é né,
Jour et nuit
Que l'étoblo qu'on vay lé.
Que l'étable qu'on voit là-bas
Lo Métr' à tui lou royaumo
Le Maître de tous les royaumes
Ne se vay,
Ne se voit
Ne se vay
Ne se voit
Qu'éna crèce per son trôno .
Qu'une crèche pour son trône.
Car nos èran tui tondu
Car nous étions tous tondus
E vandu ;
Et vendus
Adan nos ave predu
Adam nous avait perdus
An s'enflan dan la siance
En s'enflant dans la science
U moitan,
Au milieu
U moitan
Au milieu
Du paradi de playsance.
Du paradis de plaisance.
I pove manz' à playsi
Il pouvait manger à plaisir
De tou frui
De tout fruit
Segnon cho que fa meuri,
Sinon celui qui fait mourir,
Di li ayan fai défanse
Dieu lui ayant fait défense
De goto,
De goûter
De goto
De goûter
Cho de l'abre de siance.
Celui de l'arbre de science.
Bon Di, vo li av' apray
Bon Dieu, vous lui aviez appris
Son devay ;
Son devoir
Mai l'an vuli mai savay ;
Mais il en voulut plus savoir
I n'av' apray qu'à bin fore ;
Il n'avait appris qu'à bien faire
I vuli,
Il voulut
I vuli
Il voulut
Oncor' apprandr' à mau fore.
Encore apprendre à mal faire.
La fenn' é la sarpan
La femme et le serpent
Babelian
Babillant
Firon lo complo ansan ;
Firent le complot ensemble
La sarpan que la flatove
Le serpent qui la flattait
N'ère ran,
N'était rien
N'ère ran
N'était rien
Qu'on démon que la tantove.
Qu'un démon qui la tentait.
I furon bin se ontieu
Ils furent bien si honteux
E poirieu,
Et peureux
Qu'i se cachovan de peu ;
Qu'ils se cachaient de peur
I ne povan po pi fore
Ils ne pouvaient pas pi faire
Ne per ieu,
Ni pour eux
Ne per ieu,
Ni pour eux
Ne per no, l'étrauz'afore !
Ni pour nous, l'étrange affaire !
Mai son bon di l'apeli,
Mais son bon Dieu l'appela,
Li desi :
Lui dit :
Ne t'avai-zo po instrui ?
Ne t'avais-je pas instruit ?
Ze te teigno san cemise,
Je te tiens sans chemise
Grou gorman,
Gros gourmand
Grou gorman,
Gros gourmand
N'ét-ou po per ta sotise ?
N'est-ce pas pour ta sottise ?
Te vulie don, mau apray,
Tu voulais donc, mal appris
An savay
En savoir
Epay oncor mai que may ?
Peut-être encore plus que moi ?
Pisque t'o pray ‘n autro métre,
Puisque tu as pris un autre maître
Va defour,
Va dehors
Va defour,
Va dehors
Té, ta race ; t'és on trétre.
Toi, ta race, tu es un traître.
Quan lo bon Di lou çachi,
Quand le bon Dieu les chassa
I lieu fi
Il leur fit
N'abi de piau de cabri,
Un habit de peau de cabri
Tan per montro leu bétise
Tant pour montrer leur bêtise
Que veriè,
Que pour détourner
Que veriè
Que pour détourner
On pou la ploz' é la bise.
Un peu la pluie et la bise.
Lou vetia don condano
Les voilà donc condamnés
A passo
A passer
Per tote sorte de mau ;
Par toutes sortes de maux
Vetia que to lieu fa gara
Voilà que tout leur fait guerre
Le sarpan,
Les serpents
Le sarpan,
Les serpents
Lou leu, le ronc' é la tara .
Les loups, les ronces et la terre.
E ne faussi po parlo
Il ne fallut pas parler
De torno
De retourner
U l'avan se biné to ;
Où ils avaient si bien été
Car y av' on métre suisse
Car il y avait un maître suisse
Per gardo,
Pour garder
Per gardo
Pour garder
Que personne n'aprocisse.
Que personne n'approchât.
En Anzo, é dé ple gran,
Un ange, et des plus grands
Dan sa man,
Dans sa main
Tin on cutelar trançan :
Tient un coutelas tranchant
I lo fasè se bin luire,
Il le faisait si bien luire
Qu'i n'avan,
Qu'ils n'avaient
Qu'i n'avan
Qu'ils n'avaient
Duto anvia de rire.
Du tout envie de rire.
Cé que s'étan bin nuri
Ceux qui s'étaient bien nourris
De bon frui,
De bons fruits
N'avan que sarvazoni ;
N'avaient que sauvageons
L'on biau se grato la téta
Ils ont beau se gratter la tête
E revo,
Et rêver
E revo,
Et rêver
Su cho çanzeman de féta.
Sur ce changement de fête.
Ze cray qu'u comancheman,
Je crois qu'au commencement
Ne savan
Ne sachant
Que fore, l'avan bin fan ;
Que faire, ils avaient bien faim
I çorçovan de racene,
Ils cherchaient des racines
De meuron,
Des mûres
De meuron,
Des mûres
De gratacu per le vene.
Et des fruits d'églantiers dans les terres vagues.
Oncor Ev' ut on playsi,
Encore Eve eut un plaisir
Le trovi
Elle trouva
Na rova qu'an valie di;
Une rave qui en valait dix
To dray i vo la croquiron
Tout de suite ils vous la croquèrent
San pelo,
Sans la peler
San pelo,
Sans la peler
E bena qu'I la troviron .
Et bonne qu'ils la trouvèrent.
Lo mouyin de bin dinno,
Le moyen de bien dîner
Quan lo blo
Quand le blé
N'ét écou ne mayssono,
N'est battu ni moissonné
Qu'on n'a ne po ne cassetta ,
Qu'on n'a ni pot ni poêlon
Po laman,
Pas seulement
Po laman,
Pas seulement
De quay for' en' oumeletta !
De quoi faire une omelette !
L'uron d'astou dous éfan,
Ils eurent bientôt deux enfants
On méçan ;
Un méchant
Qué peteus ét-ou don çan ?
Quelle mauvaise race est-ce donc ça ?
E, fauta de saze-more,
Et, faute de sage-femme
Adam fu,
Adam fut
Adam fu,
Adam fut
Pore-levet : que d'afore !
Père accoucheur : que d'affaires !
E n' y a zin de labori
Il n'y a point de laboureur
Segnon lui :
Sinon lui
L'é lo métr' é lo vaci ;
Il est le maître et le vacher
E la pinna qu'i se balie,
Et la peine qu'il se donne
Bin sovan,
Bien souvent
Bin sovan,
Bien souvent
Ne li aminne ran que valie.
Ne lui amène rien qui vaille.
Adan per on cor playsi
Adam pour un court plaisir
E puni
Est puni
De di mil' anrazeri;
De dix milles enrageries
Quant on passe la défanse
Quand on passe la défense
Du bon Di,
Du bon Dieu
Du bon Di,
Du bon Dieu
On an fa bin penitance.
On en fait bien pénitence.
No san moloureusaman
Nous sommes malheureusement
Sous éfan :
Ses enfants
Fan noutron proufi de çan,
Faisons notre profit de ça
E balian-no tui bin garda
Et donnons-nous tous bien garde
Du peché,
Du péché
Du peché,
Du péché
Qu'é causa de noutra parda .
Qui est cause de notre perte.
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