Noëls de Bourg-en-Bresse
Jeanne et Louise :
Sur l'air : No mi voli-vo po uvri. N° VI.
Loueysa
Louise
Zona, an gardan mou mauton,
Jeanne, en gardant mes moutons
Z'é antandu na noval a ,
j'ai appris une nouvelle
Z'é antandu é pi z'é viu
J'ai entendu et puis j'ai vu
Des Anzo na tropa bal a ,
D'Anges une troupe belle
Que çantovan
Qui chantaient
La pai, é que lo bon Di
La paix, et que le bon Dieu
Se fait Efan,
Se fait Enfant
Per no mètr'an paradi.
Pour nous mettre en paradis.
Zona
Cela novala me surpran,
Cette nouvelle me surprend
Loueysa, ma bena Comore,
Louise, ma bonne Commère
E ze ne veyo po coman
Et je ne vois pas comment
To ç an iquie se pou fore :
Tout cela se peut faire
A la minai,
A minuit
Dere qu'ena Vierz' a fai
Dire qu'une Vierge à fait
On biau gaçon,
Un beau garçon
Çan surpasse la rayson.
Ça surpasse la raison.
Loueysa
Cray-me, z'antandi an felan
Crois-moi, j'ai entendu en filant
Ç'la ben' é bala noval a ,
Cette bonne et belle nouvelle
Que, ceta né, s'é fai ‘n Efan
Que cette nuit, est né un Enfant
De Maria la peuçal a .
De Marie la pucelle
Vo-te veni,
Veux-tu venir
Nos iran lo rézoyi
Nous irons le réjouir
An li desan
En lui disant
Ena çanson su lo fan.
Une chanson sur le foin.
To dray que ze l'u antandu,
Aussitôt que le l'eus entendu
Ze levi ma téta drayte,
Je levai ma tête droite
E z'aray cru d'étre predu
Et j'aurais cru être perdue
San le secor de Benayte,
Sans le secours de Benoîte
(que te coniay)
(que tu connais)
Que me desi, per sa fay,
Qui me dit, par sa foi,
Que l'ave vieu
Qu'elle avait vu
A la minai lo seleu.
A minuit le soleil.
E, per me lo fore miau vay,
Et, pour me le faire mieux voir
Le me m in ni dan n'étobl o ,
Elle me mena dans une étable
U ze vi lo premi d' Ray
Où je vis le premier des Rois
Dans en éta miserobl o :
Dans un état misérable :
Qu'é-t-ou don çan ?
Qu'est-ce donc çà ?
Lo bon Di dessu lo fan,
Le bon Dieu sur le foin
E que n'a po
Et qui n'a pas
On crüet per se groto !
Un berceau pour se bercer !
An lo guétian cho bal Efan,
En le regardant ce bel Enfant
Ze vi bin qu'I clartiove
Je vis bien qu'il resplendissait
E de la tét' é de la man
Et de la tête et de la main
Lo cemin i no montrove
Nous montrait le chemin
De bian sofri
De bien souffrir
Per alo an parade;
Pour aller au paradis
Per l'imeto
Pour l'imiter
E fau bian sofri de mau.
Il faut bien souffrir de maux.
Ze te vuliè veni criyo,
Je te voulais venir appeler
Quan de Ray ze vi na band a ;
Quand de Rois je vis une bande
To dray qu'i furon arevo,
Aussitôt qu'ils furent arrives
I firon na bal' ufrand a
Ils firent une belle offrande
De biau presan
De beaux presents
Que sintivan bon l'ançan,
Qui sentaient bon l'encens
De mir' é d'our
De myrrhe et d'or
Per li reveni lo cour.
Pour lui ranimer le coeur.
Parla, vui-te po te levo,
Parle, veux-tu pas te lever
E veni avoui ma, Zon a ?
Et venir avec moi, Jeanne ?
Z'é de grafo per y peurto,
J'ai des gaufres pour y porter
E de taila mai d'en' aun a
Et de toile plus d'une aune
Per lo cruvi.
Pour le couvrir.
Se te vesè, lo ! mon Di !
Si tu voyais, las ! mon Dieu !
E n'y a ran
Il n'y a rien
Qu'ena crèc' é pi de fan.
Qu'une crèche et puis du foin.
La Maria é deza lon
La Marie est déjà loin
Avoui Tienna é la more,
Avec Tiennette et la mère
E l'on peurto on biau mauton
Et elles ont porté un beau mouton
Per ufri à cho bon Pore
Pour offrir à ce bon Père
Que vo tretui
Qui veut tous
No beto an paradi ;
Nous mettre au paradis
I vo devan
Il veut auparavant
Qu'on l'adoray su lo fan.
Qu'on l'adore sur le foin.
E nos y fau tote modo,
Il nous y faut toutes aller
E deza per le çarire
Et déjà les charrières
Lo mondo é tot épado
Le monde est dispersé
E ne sonze ran qu'à rire.
Et ne songe rien qu'à rire
Mai lo ! per may,
Mais las ! pour moi
Se ze va vay cho biau Ray,
Si je vais voir ce beau Roi
E ne sera
Ce ne sera
Que per pluro mou pecha.
Que pour pleurer mes péchés.
L'Isabiau, to dray an antran,
L'Isabeau, aussitôt en entrant
Comanchi nab ala feta
Commença une belle fête
A l'oniou de cho bal Efan
En l'honneur de ce bel Enfant
Qu'é venu san zin de rèt a
Qui est venu sans point de retard
Per no sarvo ;
Pour nous sauver
E l i a n a su se bon gro
Il lui en a su si bon gré
Qu'i li desi
Qu'il lui dit
Que l'iray an paradi.
Qu'elle irait en paradis.
La Zona çanti brovaman
La Jeanne chanta bravement
E fi signo de la tét a
Et fit signe de la tête
A la Loueysa, an s'émodan,
A la Louise, en s'en allant
De bian porsuivre la fét a ;
De bien continuer la fête
E la Maria
Et Marie
Apeurti son grou bordon
Apporta son gros bourdon
Que l'égria
Qu'elle fit grincer
Per lo métre su lo ton.
Pour le mettre sur le ton.
La mor' é tote le sereu
La mère et toutes les sœurs
Y aliron d'ena band a
Y allèrent d'une bande
Per adoro cho biau Segneu
Pour adorer ce beau Seigneur
E per li for' en' ufrand a
Et pour lui faire une offrande
De cuvertieu
De couvertures
Tui brovaman travailla
Bien joliment travaillées
Per cho Segneu
Pour ce Seigneur
Que le viron débroilla.
Qu'elles virent débraillé.
Elo ! to dray, cho bal Efan,
Hélas! Aussitôt, ce bel Enfant
Qu'el u rechu leus ufrand a ,
Qu'il eut reçut leurs offrandes
I lieu fi signo de la man
Il leur fit signe de la main
Que leu bonto ère grand a ,
Que leur bonté était grande
E que per çan
Et que pour ça
Ell' aran dan son palai,
elles auraient dans son palais
Dan pou de tan,
Dans peu de temps
Ena plaça per zamai.
Une place pour jamais.
© 2007 - 2009, Cadole. Tous droits réservés.