Noëls de Bourg-en-Bresse

Noël n°1

 

Quan l'outo de San-Françay

Quand l'hôte de Saint-François

Antandi qu'on fasse brire

Entendit qu'on faisait bruire

Le cas'é lou lécefray

Les poêles et les lêchefrites

Dan lo quarti de Ténire,

Dans le quartier de Tesnière,

I fi for'à son volet

Il fit faire à son valet

Na potringa de polet,

Une potringue de poulet

Qu'on s'an lèçove to dray

Si bonne qu'on s'en léchait tout droit

Le ba, le ba, le babene,

Les ba, les ba, les babines

Qu'on s'an lèçove to dray

Qu'on s'en léchait tout droit

Le beben' é lou cin day.

Les babines et les cinq doigts

Dray que l'outo de l'Ecu

Dès que l'hôte de l'Ecu

Viu qu'on modov' à la lena,

Vit qu'on partait au clair de lune,

I buti per quatr' écu

Il mit pour quatre écus

De sucro dan de farena

De sucre dans la farine

Per li fore de gotiau

Pour lui faire des gâteaux à l'Enfant

Que samblovan de çotiau ;

Qui semblaient des châteaux ;

I son meliau que lo pan

Ils sont meilleurs que le pain

Per le, per le, per le dame,

Pour les, pour les , pour les dames,

I son meliau que lo pan

Ils sont meilleurs que le pain

Per le dam'é lous éfan.

Pour les dames et les enfants

Y n'ère po quosi zor

Ce n'était pas quasi jour

Qu'on viu l'outo de la Poma

Qu'on vit l'hôte de la Pomme

Que butoye dan son for

Qui mettait dans son four

Duve tôtr'à la gran forma.

Deux tartes à la grande forme.

I buti tan de cumar

Il mit tant de cumar

Qu'i se trovi bin si cliar

Qu'il se trouva bien si clair

Que lou volet per cemin

Que les valets en chemin

Le pa, le pa, le paniron,

Le lé, le lé, le léchèrent,

Paniron tan per cemin

Léchèrent tant par chemin

Que de tôtr' i n' y an u zin.

Que de tartes il n'y en eut point.

Neveu mi dessu na pou

Neveu mit dessus une planche

De budin blan coman neze,

Du boudin blanc comme neige (boudin fait avec la volaille)

E doze langue de bou

Et douze langues de bœuf

Qu'èran nayre coman peze ;

Qui étaient noires comme poix

E pi de son bon vin viu

Et puis de son bon vin vieux

Que z'é sovante fay biu,

Que j'ai souvent bu

E bayre, s'i plait à Di,

Et boirai s'il plaît à Dieu

Tan qu'à, tan qu'à, tan qu'à Pôque,

Jusqu'à, jusqu'à, jusqu'à Pâques

E bayre, s'i plait à Di,

Et boirai s'il plaît à Dieu

Mai qu'i m'an vulie bali.

Plus qu'il ne veut m'en donner.

On di que métro Vavri

On dit que maître Vavri

Ave buto so la crèce

Avait mis sous la crèche

Na çauderono de ri

Une chaudronnée de riz

Qu'on drechov'avoui na poce ;

Qu'on dressait avec une louche

I n'ère po refraydi

Il n'était pas refroidi

Que quatr'u cin degordi

Que quatre ou cinq dégourdis

Se baliron per lo gron

Se donnèrent par le museau

De la, de la, de la poce,

De la, de la, de la poche,

Se baliron per lo gron

Se donnèrent par le museau

De la poc'é du çaudron.

De la poche et du chaudron.

L'outessa de l'Oulevi,

L'hôtesse de l'Olivier,

Quant elle fa de beuniette,

Quand elle fait des beignets

On pou dere san failli

On peut dire sans faillir

Que le son de le peliette ;

Qu'elles sont des bouillies (cad que la pâte en est délicate)

Quan l'a prau de pélo mélo

Quand elle a suffisamment mêlé

De farena bartelo,

De farine tamisée

L'an bute dan n'ambocheu,

Elle en met dans un embouchoir (entonnoir)

E pi vire, vire, vire,

Et puis tourne, tourne, tourne,

Vire dedan lo cacheu

Tourne dans le poêlon

De beuniett' à l'ambocheu.

Des beignets à l'embouchoir.

Métr'Andri, per lo premi

Maître André, pour le premier

Dé bouci que fa la féta ,

Des bouchers qui fait la fête,

Se levi devan midi

Se leva le midi

Per çorcé na zouna véla ,

Pour chercher une jeune vache,

Per an avay lou trayon

Pour en avoir la tétine

Qu'I baliove to de bon;

Qu'il donnait tout de bon;

Mai lo chin de métr'Ami

Mais le chien de maître Ami

Lou gris, lou gris, lou grispille,

La grip, la grip, la grippa

Mai lo chin de métr'Ami

Mais le chien de maître ami,

Lou grispill'é lou manzi.

La grippa et la mangea.

T è l'outessa du çar

C'est l'hôtesse du Char

On di que n'é po de bada ,

On dit que ce n'est pas de la plaisanterie

Ell' a na piéce de lar,

Elle a une pièce de lard

Oncore du ple mau sad;

Encore du moins sade (agréable)

Ell'an a fai na pélo

Elle en a fait une omelette

Que sinitive lo brulo,

Qui sentait le brûlé

E cinq u si matafan

Et cinq ou six crêpes

Farci, farci de fromazo ,

Farcis, farcis de fromage

E cinq u si matafan

Et cinq ou six crêpes

Farci de fromazo blan.

Farcis de fromage blanc.

Y a on nomo Gagnou,

Il y a un nommé Gagnon,

Qu'a San-Liaudo per ansegne,

Qui a Saint-Claude pour enseigne

Que, quant I fa de pognon,

Qui quand il fait des pognons

Le tor de son for trepegne.

Autour de son four trépigne

I fa de casse-mesiau,

Il fait des casse-museaux (pâtisserie très délicate)

De pôti que son tan biau

Des pâtés qui sont si beaux

Qu'on s'an bore lo pati

Qu'on s'en bourre l'estomac

Tote, tote le dimance,

Tous, tous les dimanches

Qu'on s'an bore le pati,

Qu'on s'en bourre l'estomac

Le dimance, de pôti.

Les dimanches de pâté.

Qu'i ne fau po essublo,

Celui qu'il ne fait pas oublier

Y é l'outo de la Navetta

C'est l'hôte de la Navette

Qu'a peurto son gran çapiau,

Qui a porté son grand chapeau

Vulian étre de la féta ,

Voulant être de la fête.

Il a bin volu furni

Il a bien voulu fournir

De vray fromazo puri

Du vrai fromage pourri

Qu'ère se bon que lou chin

Qui était si bon que les chiens

Lo sui, lo sui, lo suiviron ,

Le sui, le sui, le suivirent

Qu'ère se bon que lou chin

Qui était si bon que les chiens

Lo suiviron per cemin.

Le suivirent par chemin.

Per l'outo du Paradi

Pour l'hôte du Paradis

Qu'a quosi torzo la gota ,

Qui a quasi toujours la goutte

Bali tan de bin à Di

Il donna tant de bien à Dieu

Qu'on buti su na çaretta

Qu'on mit sur une charrette

Que versi to per cemin

Que tout versa en chemin

Dray devan lou Zacobin ;

Droit devant les Jacobins ;

Ena tropa d'écoli

Une troupe d'écoliers

Firon, firon la rapille,

Firent, firent la rapine

Ena tropa d'écoli

Une troupe d'écoliers

Rafliron lob in à Di.

Reflèrent le bien à Dieu.

Is aliron bin gouto,

Ils allèrent bien dîner

E quan la tobla fu netta ,

Et quand la table fut nette

Is aliron pu buto

Ils allèrent bien mettre

Leu regen su la çarett;

Leur régent sur la charrette

Y é lo pore Bega

C'est le père Bégat

Que se fi peto lo ba

Qui se fit claquer le bec

Mai d'en eura su lo fan

Plus d'une heure sur le tas de foin

Devan, devan la Comore,

Devant, devant la Commère

An preyan dessu lo fan

En priant dessus le foin

Devan la Mor'é l'Efan.

Devant la Mère et l'Enfant.

A no dou, por'Alexi.

A nous deux père Alexis

I no fau for'en'ufranda ,

Il nous faut faire une offrande

E no zoindre cinq u si

Et nous joindre cinq ou six

Per tocé na saraband;

Pour jouer une sarabande

Avoui noutron grou bordon

Avec notre gros bourdon

No çanteran to de bon :

Nous chanterons tout de bon

Noyé, Noyé é venu,

Noël, Noël est venu

No faran de brue molu.

Nous ferons du brouet moulu (bouillon d'œufs, de lait ou de sucre battus ensemble, en usage autrefois dans les jours de réjouissance)

Lo pore Bista so bin

Le père Bistat sait bien

Ari tocé de la flauta

Aussi jouer de la flûte

Marlo frodonera bin

Merle fredonnera bien

Serou conduira la féta

Serrot conduira la fête

Ze peurterai lo Ray-bay

Je porterai le Roi-boit

Per bali çoquion son dray ;

Pour donner à chacun son droit

No çanteran brovaman :

Nous chanterons joliment

Lo Ray téte, lo Ray téte,

Le Roi téte, le Roi téte

No çanteran brovaman:

Nous chanterons joliment

Lo ray téte su lo fan.

Le Roi téte sur le foin

 


© 2007 - 2009, Cadole. Tous droits réservés.

 

Présentation
Nouveautés
Formulaire
Livre d'Or
Boutique